VISION(S)

Comme ''Vision(s)'' est un projet de fin d'année d'étude, il nous a été demandé de faire un dossier qui contient la note d'intention. Donc la voici :) (ATTENTION SPOILERS !!!)

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Note d'intention

Etudiant en 2ème année à l'école MJM Graphic Design, afin de valider le diplôme, l'établissement nous a demandé de réaliser un court-métrage sur le thème des multiples points de vue. C'est un sujet intéressant car il exige beaucoup d'attention que ce soit dans le scénario, la réalisation ou le montage.

''Vision(s)'' permettait d'aborder ce thème. En effet, l'histoire nous est raconté par le biais d'un narrateur, uniquement présent en voix-off. Egalement, ce narrateur nous explique et montre le point de vue de la femme puis de l'homme. Chaque point de vue nous expose une réalité différente.

L'histoire de ce court-métrage avait une influence majeur : ''Metal Gear Solid 2 – Sons of liberty''. C'est un jeu vidéo, faisant parti de la saga des ''Metal Gear'', crée par Hideo Kojima. Ce dernier parsème ses œuvres de passages qui brisent le quatrième mur et amplifie l'expérience du joueur en le faisant rappeler qu'il joue à un jeu. Quand j'y ai joué pour la première fois, cela m'avait marqué de part son originalité et de part son aboutissement. C'est pour cette raison que ''Vision(s)'' nous montre, ce qu'il semble, 2 points de vue différents : Celui de l'homme et de la femme. Mais il ne faut pas oublier aussi celui du narrateur. D'abord en voix-off et omniscient, puis pour qu'a la fin, il apparaisse en chair et en os et qu'il devienne interne à l'histoire.

Nous passons d'une simple opposition de positions à un troisième point de vue qui change la tonalité du récit. Cela me plaisait à traiter car d'une histoire qui semblait banal, elle s'avère plus complexe qu'il n'y paraît. L'influence d'Hideo Kojima dans ce projet est très forte car ''Metal Gear Solid 2'' avait un scénario de film d'action banal pour finir par un scénario brisant les codes, requestionnant notre monde, nos croyances et nous requestionnant. Cette base était excellente pour un thème sur la multiplicité des points de vue car il fait en sorte que le spectateur ne fasse pas uniquement que regarder mais se sente concerné par ce qu'il voit. C'est le dernier point de vue : Celui du spectateur, qui se retrouve dans la position d'un juré au tribunal. Je voulais écrire une histoire qui soit profonde.

Puis dans une autre mesure, le film ''Memento'' de Christopher Nolan, le fait que l'on voit une même action mais que sa signification n'est pas la même et que l'on découvre d'autres choses.

Egalement, on passe de l'histoire d'un couple qui n'arrive pas à avoir un enfant passe par plusieurs réflexions : L'envie d'avoir cette chose mais qui est impossible à atteindre, donc on refuse cela pour s'enfermer dans son propre monde et avoir sa vision de la réalité. J'aime traiter les facettes des êtres humains.

Puis également, la révélation de fin, comme quoi le court-métrage se passe dans un monde futuriste, était pour émettre une critique de l'hyper-surveillance. Un thème d'actualité encore actuellement en débat. Cette critique a pour influence le livre ''1984'' de George Orwell et l'écriture d'Alan Moore pour ses œuvres comme le graphic novel ''Watchmen'' : Une fin dont le spectateur est face à un choix moral et que c'est à lui de choisir son point de vue face à cette situation. C'est pour cette raison que l'inspecteur de police présente les intérêts de l'hyper-surveillance : Plus de libertés mais permet de faciliter les enquêtes et augmenter le champ d'action de la police.

C'est ainsi qu'involontairement, lorsqu'il nous regarde face caméra, l'inspecteur demande : ''Est-ce que vous êtes d'accord avec ceci ?''. Mais ce regard caméra appuie aussi le côté brutal du monde, cela insiste sur le fait que c'est CETTE vérité et rien d'autre. Forçant les spectateurs à y croire ou la renier.

D'un point de vue réalisation, je souhaitais tourner avec 2 caméras distinctes : Une caméra semi- professionnelle, une JVC Everio, datant de 2012, pour la partie dans l'appartement. Puis une Black Magic, une caméra professionnelle récente, pour la partie dans le bureau du Lieutenant. Je voulais cette distinction afin d'amplifier la mise en scène. La JVC et les plans fixes amplifiait et justifiait le cadre et la nature de l'image. La Black Magic et le plan séquence amènent une rupture dans le récit. C'est un parti pris technique et artistique, je pense que la mise en scène doit s'adapter en fonction du récit qu'il veut raconter. C'est pour cette raison que dans ce court-métrage, dans l'appartement, il n'y a pas de mouvements de caméra, uniquement des plans fixes et des zooms numériques, et que dans le bureau, c'est un plan séquence pour amener un contraste et une opposition dans la mise en scène.

Je voulais aussi que la musique ait un côté orchestral, notamment avec les violons, afin d'apporter (une fois encore) une rupture. Le court-métrage se passant dans un monde futuriste, cela sert à appuyer les émotions et les scènes. Pourtant, une même scène ne va pas avoir le même ton musical. C'est un contraste, que je voulais explorer, qui permet d'apporter une certaine pureté dans cet univers (et également un peu le nôtre) dont la violence et la cruauté humaine est diffusé quotidiennement.

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