La La Land

La banalité n'est pas un défaut ou un frein pour avancer dans la vie.

Nous devons faire face à des choix et il faut en assumer les conséquences.

Face à ces choix, on peut avoir du bonheur, des moments de joie. Mais aussi des regrets.

Damien Chazelle, réalisateur de l'excellent « Whiplash », a dû prendre des risques et aller là où personne ne l'attendait. « Whiplash » traitait de l'acharnement dans l'apprentissage, puis savoir faire face à l'adversité. Le tout dans l'univers de la musique (du jazz en particulier). Ici, c'est une comédie musicale pure et dure. Les comédies musicales sont, à juste titre, des films particuliers. Rien de plus stupide et inimaginable que de voir des personnages parlaient normalement, pour ensuite, les voir chanter sans aucune raison apparente. A bien des égards, nous sommes en droit de comprendre la réticence de beaucoup de spectateurs envers ce style de long-métrage.

Bref, assez palabré, aujourd'hui la critique de « La La Land » de Damien Chazelle.

La la land

Tout commence par un plan-séquence sur une autoroute où la circulation est bloquée. Les premières notes de musique arrivent et chaque automobiliste commence à raconter sa vie tout en chantant. Si cette introduction peut paraître étrange à première vue, elle n'est pas dénuée de sens. Le film raconte de l'histoire de deux personnages. Mais autour d'eux, d'autres personnes gravitent et eux aussi ont des rêves, des regrets. Ce qui nous renvoie à nous, spectateurs, qui avons des envies et des déceptions.

Le long-métrage ne va pas s'empêcher de mettre en image plusieurs allusions complètement méta et nous renvoyer à notre situation de spectateur de manière intelligente. Par exemple, dans la rue, un plan large montrant nos deux protagonistes s'en allaient chacun de leurs côtés, et au milieu du cadre, nous voyons une fresque représentant des spectateurs, qui nous regarde, dans une salle de cinéma. Des allusions comme ça, le film en est parsemé. Surtout que l'on peut voir « La La Land » comme étant une œuvre rendant hommage au cinéma de manière générale. Hommage aux comédies musicales et à d'autres genres ou procédés cinématographiques.

Le film est rempli d'images symboliques et métaphoriques, mais suffisamment bien diluée et bien réfléchi pour que l'on trouve pas le propos pompeux et que l'on sente le réalisateur, derrière son écran, criant « Je suis trop fort ! Je fais du grand cinéma ! » (n'est-ce-pas « Gravity » ?). Egalement, la réalisation de Damien Chazelle est démentielle. Que ce soit n'importe quel choix de cadrage, du jeu de lumière, des mouvements de caméra, Damien Chazelle a réfléchi à ses plans et cela se ressent. A tel point que l'on pourrait faire beaucoup de séquences d'analyse filmique tant Damien Chazelle excelle dans ce qu'il fait. C'est bien simple, après être sorti de la salle, je n'avais qu'une envie, c'était de disserter sur ce film tellement il est riche visuellement mais aussi d'un point de vue scénario.

« La La Land », c'est une histoire de rencontre fortuite entre deux artistes rêveurs. Une histoire rempli de moments magique, de moments où l'on sent léger comme si on flottait dans l'espace. Des moments où un artiste en pleine création, ou en pleine interprétation, plus rien autour de lui ne l'importe. C'est très bien écrit et rien ne paraît niais ou incroyablement vu et revu. L'histoire prend même une tournure assez intéressante, va jouer avec l'attente des spectateurs, et propose une fin assez belle (mais pas de spoil !). Damien Chazelle propose une réflexion sur le cinéma mais aussi sur la musique. La musique qui semble être son thème de prédilection.

La Bande Originale (BO) est incroyable et marquante. Cela va faire longtemps (je ne sais combien de critiques) que je n'avais pas parlé d'une BO aussi efficace (il y a bien celle de « Rogue One » mais ce n'était aussi bien réussie). Les autres fois, les musiques étaient soit peu inspirée ou soit parfaitement inexistant. « La La Land » offre des morceaux qui envoûtent, transportent et qui nous mettent parfaitement dans l'état d'esprit des personnages. Des airs simples, efficace à retenir et qui reste dans la tête.

Le film bénéficie de très bonnes chorégraphies, de beaux costumes, de décors magnifiques puis aussi aussi d'un casting sobre et juste. Que cela soit Ryan Gosling ou Emma Stone, ce sont des acteurs (chanteurs aussi) qui savent maîtriser toutes les palettes de leurs émotions pour les retranscrire à l'écran. Entre Emma Stone jouant une serveuse qui ne rêve que de devenir actrice, mais qui échoue aux castings, elle balance entre les déceptions et l'amour. Puis Ryan Gosling, pianiste, ne rêvant que d'ouvrir un bar de jazz dans lequel où il pourrait exprimer toute sa rage créative et son amour pour le jazz, mais qui se heurte à des problèmes de jobs et financier. Leurs personnages sont suffisamment bien écrits, ont suffisamment de l'épaisseur pour ne pas être de bêtes clichés ambulants, pour que ces deux acteurs brillent à l'écran.

Donc que dire de plus ? Que c'est un bijou qui mérite amplement tout les prix qu'il a reçu (et qui va peut-être en recevoir d'autres). Damien Chazelle avait déjà gagné l'attention du public et du milieu avec « Whiplash », il confirme son talent avec « La La Land ». C'est magique, ça transporte, c'est beau : Bref, foncez voir ce film ! 2017 commence très bien avec ce long-métrage. Même ceux qui n'aiment pas les comédies musicales y ont adhéré, donc pourquoi pas vous ?

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